« Le malheur des uns fait le bonheur
des autres ». Ou plutôt, le drame qui frappa
nos grand-pères vignerons la destruction de leur vignoble
par le phylloxera, a orienté la Savoie vers la production
de plants de vigne. Avec un certain succès.
Au départ, et jusquen 1955 environ,
il nétait pas encore question de se spécialiser
dans la production de plants de vigne. Il sagissait
en priorité de remplacer le vignoble
local, tout en fournissant également le Midi de la
France.
Une fois encore, cest la nature qui intervient, décidant
les pépiniéristes à investir dans
un domaine où les débouchés semblent
assurés : en 1956, cest le fléau du gel
qui
sabat sur les vignobles.
Causes différentes pour des effets semblables : il
faut de nouveau arracher pour replanter. Les demandes affluent
en provenance cette fois de tout le territoire,
ce qui encourage les pépiniéristes du cru à
vendre aux viticulteurs de différentes régions.
La production savoyarde augmente, passant de 6 à 7
millions de plants mis en terre à lépoque,
aux 25 millions actuels. En pourcentage, notre département
fournissait 6% de la production nationale ; aujourdhui,
ce taux est de 11 à 12%.
Pour fabriquer un plant de vigne, il faut greffer
2 bouts de bois. Cet assemblage donne des variétés
différentes, pour des raisins différents qui
donneront des vins différents.
Un des bouts de bois sappelle porte-greffe, il vient
de la Drôme, de lArdèche,
du Vaucluse, du Gard ou encore de lAude. On lassemble
avec un greffon, acheté dans
les régions où sont vendus les plants.
En aval de la production, il faut penser à
la vente, secteur devenu primordial, transformant les agriculteurs
en commerçants.
Toutes les régions viticoles sont livrées en
plants de vigne savoyards : la Bourgogne, la Champagne, le
Beaujolais, le Val de Loire,
le Bordelais, le vignoble méditerranéen, la
vallée du Rhône et lAlsace.
Les exportations sont pour linstant peu développées.
Elles concernent essentiellement les pays dAfrique du
nord, lItalie et la Suisse.
La Combe de Savoie est aujourdhui
réputée pour ses pépinières.
Ne serait-ce quà cause de « ces champs
recouverts de bandes de plastique » qui intriguent les
usagers de la R.N. 6 !